Dakar, 1er juin 2026 – Le parti Pastef-Les Patriotes, formation majoritaire à l’Assemblée nationale avec 130 députés sur 165, a annoncé ce lundi qu’aucun de ses membres ne participera au gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Une décision qui met en lumière des divergences entre le parti et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sur la composition de l’équipe gouvernementale.
Dans un communiqué, Pastef a indiqué qu’un long entretien s’est tenu dans la journée entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président du parti, Ousmane Sonko. Si les deux responsables ont constaté plusieurs points de convergence, ils ont également relevé des désaccords persistants, notamment sur « la place et le rôle de la majorité dans le dispositif exécutif ».
Cette décision signifie qu’aucun membre de Pastef ne siégera dans le nouveau gouvernement, malgré la large majorité parlementaire obtenue par le parti lors des élections législatives du 17 novembre 2024.
La réaction n’a pas tardé au sein des rangs du parti. Le député Guy Marius Sagna, considéré comme l’un des proches d’Ousmane Sonko, a vivement critiqué la situation à travers une publication sur les réseaux sociaux.
Selon le parlementaire, l’absence de Pastef dans l’Exécutif constitue une remise en cause du verdict des urnes. « Un président de la République qui ne s’entend pas avec Pastef pour la constitution d’un gouvernement est un président qui refuse d’appliquer le résultat des urnes issu des élections législatives du 17 novembre 2024 », a-t-il déclaré.
Guy Marius Sagna est allé plus loin en accusant le chef de l’État de ne pas respecter la souveraineté populaire exprimée lors du scrutin législatif. Le député parle notamment de « déni démocratique » et de « braquage électoral » à l’encontre de Pastef et de ses électeurs.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique inédit, marqué par l’installation d’un nouveau gouvernement alors que le parti majoritaire au Parlement choisit de ne pas y participer. Une situation qui pourrait raviver le débat sur les rapports entre la majorité parlementaire, le pouvoir exécutif et les mécanismes de gouvernance au sommet de l’État.
Pour l’heure, ni la Présidence de la République ni le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô n’ont publiquement réagi aux déclarations du député Guy Marius Sagna. Toutefois, cette séquence politique ouvre une nouvelle phase dans les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et Pastef, dont Ousmane Sonko demeure la figure politique centrale.
Les prochains jours devraient permettre d’évaluer les conséquences de cette rupture sur le fonctionnement des institutions et sur les équilibres politiques au sein du pouvoir.


