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Audit des finances publiques : la DIC boucle son enquête, plusieurs anciens ministres dans le viseur

La Division des investigations criminelles (DIC) a finalisé son enquête sur les irrégularités présumées dans la gestion des finances publiques sénégalaises entre 2019 et 2024.L’affaire, déclenchée par un audit de la Cour des comptes, pourrait conduire plusieurs anciens ministres, dont Amadou Bâ, Abdoulaye Daouda Diallo et Birima Mangara, devant la Haute Cour de justice.

Un dossier explosif sur 141 milliards de FCFA

Tout est parti d’un référé du premier président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, adressé au ministre de la Justice de l’époque, Ousmane Diagne. Ce document réclamait l’ouverture de procédures pénales à la suite d’un audit pointant de graves anomalies dans la gestion des finances publiques.

Au cœur du scandale : des dépôts à terme (DAT) d’une valeur de 141,08 milliards de FCFA, retirés avant échéance sans reversement au Trésor public. Ces opérations impliqueraient directement Amadou Bâ, alors ministre des Finances, mais également Abdoulaye Daouda Diallo, Birima Mangara et Cheikh Tidiane Diop, ex-DG du Trésor.

Le cas surprenant d’Abdoulaye Daouda Diallo

Si les ministres bénéficient en principe d’un privilège de juridiction, L’Observateur révèle que l’ancien ministre des Finances Abdoulaye Daouda Diallo a été longuement entendu par la DIC. Une audition qui a intrigué les observateurs.

« Rien ne l’empêche de répondre volontairement pour faire preuve de transparence », explique un juriste, qui évoque aussi la possibilité d’une délégation judiciaire adressée par le juge d’instruction. Amadou Bâ et Birima Mangara pourraient, eux aussi, être convoqués prochainement. Leur éventuelle traduction devant la Haute Cour de justice dépendra d’une mise en accusation par l’Assemblée nationale.

Le scandale des CNO : 546 milliards en question

Un second dossier, tout aussi lourd, concerne les Certificats nominatifs d’obligation (CNO), évalués à 546,70 milliards de FCFA, auxquels s’ajoutent 58,99 milliards d’intérêts. Selon la Cour des comptes, ces titres, attribués à des personnes morales et à des tiers, ont été gérés dans une opacité totale, empêchant d’évaluer avec certitude l’ampleur des dettes contractées par l’État.

63 comptes bancaires à la loupe

Les enquêteurs de la DIC ont également identifié 63 comptes bancaires ouverts hors cadre budgétaire, répartis dans une vingtaine de banques de la place, dont la Société Générale, Ecobank, BGFI Bank, Banque Atlantique ou encore la BICIS. Certains comptes portaient des intitulés évocateurs tels que « Relance de l’économie » ou « Reprofilage », mais leur traçabilité reste floue.

Vers une traduction devant la Haute Cour ?

Après avoir entendu des banquiers, des hauts fonctionnaires du Trésor comme Adama Racine Sow et Waly Ndour, la DIC boucle son travail. Le rapport final sera transmis au Pôle judiciaire financier, qui décidera de la suite.

Si l’Assemblée nationale se prononce en faveur de leur mise en accusation, plusieurs anciens dignitaires du régime Macky Sall pourraient se retrouver devant la Haute Cour de justice dans un procès inédit, portant sur des sommes dépassant les 700 milliards de FCFA.

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