La Cour suprême a ordonné l’annulation de l’arrêté du ministère de l’Intérieur du 15 avril 2025 interdisant à Mansour Faye de quitter le territoire national « jusqu’à nouvel ordre ». L’information est rapportée ce jeudi par le journal L’Observateur.
Cette décision de la chambre administrative de la Haute juridiction vient mettre un terme à une mesure restrictive qui frappait l’ancien ministre et actuel maire de Saint-Louis, également beau-frère de l’ancien président de la République Macky Sall.
Une décision en contradiction avec une injonction antérieure
L’arrêté annulé avait été pris moins d’un mois après une ordonnance du juge des référés de la Cour suprême, en date du 28 mars de l’année dernière. À cette occasion, le magistrat avait enjoint au ministère de l’Intérieur de notifier à Mansour Faye les motifs précis de la restriction de sa liberté de circulation ou, à défaut, de le rétablir pleinement dans ses droits.
Malgré cette injonction, l’autorité administrative avait maintenu l’interdiction, matérialisée par l’arrêté du 15 avril 2025.
Des interdictions d’embarquer à l’AIBD à la saisine de la Cour
C’est à la suite de plusieurs interdictions d’embarquer à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) que Mansour Faye avait décidé de saisir la Cour suprême. Une démarche judiciaire visant à contester une mesure jugée arbitraire et non motivée.
En signant l’arrêté incriminé, le ministère de l’Intérieur pensait avoir mis définitivement fin à la procédure engagée par l’ancien ministre. Une appréciation que n’a manifestement pas partagée la Cour suprême.
Mansour Faye rétabli dans ses droits
Dans sa décision, la chambre administrative a estimé que la mesure d’interdiction de sortie du territoire n’était pas conforme aux exigences légales. Elle a ainsi rétabli Mansour Faye dans l’ensemble de ses droits, lui reconnaissant pleinement sa liberté d’aller et de venir.
Cette décision de la Cour suprême constitue un désaveu pour l’administration et relance le débat sur l’usage des interdictions de sortie du territoire dans un contexte politico-judiciaire sensible, marqué par une exigence accrue de respect de l’État de droit.


