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Recouvrement de créances : le Sénégal classé à risque « élevé » selon Allianz Trade

L’Afrique, aux côtés du Moyen-Orient, demeure l’une des régions les plus complexes au monde pour les créanciers. C’est le constat dressé par les analystes d’Allianz Trade dans l’édition 2026 du Collection Complexity Score, un indicateur qui évalue la difficulté du recouvrement de créances à l’échelle internationale.

Si certains pays africains, à l’image de l’Afrique du Sud (score de 67) ou de l’Égypte (61), affichent des niveaux de complexité jugés « sévères », le Sénégal, avec un score de 49 sur 100, se situe dans la catégorie de risque « Élevé ». À l’échelle continentale, le rapport souligne qu’au moins 50 % des pays africains étudiés sont classés dans les catégories de risque « Très Élevé » (Very High), confirmant les défis structurels persistants en matière de recouvrement.

Des habitudes de paiement jugées préoccupantes

Selon Allianz Trade, les habitudes de paiement au Sénégal sont « généralement considérées comme médiocres », en particulier dans les transactions entre entreprises (B2B). Alors que le délai moyen de paiement (Days Sales Outstanding – DSO) est estimé à environ 30 jours dans les standards internationaux, la réalité sénégalaise est bien différente.

Dans la pratique, les paiements sont régulièrement effectués au-delà de 60 jours, et dépassent fréquemment ce délai, notamment lorsqu’il s’agit de structures publiques ou de grandes entreprises, souligne le rapport. Une situation qui pèse lourdement sur la trésorerie des fournisseurs et fragilise l’environnement des affaires.

Un cadre juridique solide, mais une exécution laborieuse

Le rapport reconnaît toutefois que le Sénégal dispose d’un socle juridique relativement robuste, hérité du droit civil français, et renforcé par son appartenance à l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). Cette intégration régionale permet au pays de bénéficier de réglementations uniformisées, notamment en matière de faillite et d’insolvabilité.

Cependant, cette architecture juridique ne suffit pas à compenser les lenteurs administratives et les difficultés opérationnelles. Allianz Trade pointe notamment le manque de centralisation des données de recouvrement, un handicap majeur par rapport aux standards européens. Cette situation complique l’exécution des décisions de justice, rendant les procédures plus longues et plus coûteuses pour les créanciers.

Un risque élevé qui appelle des réformes

Au regard de l’ensemble de ces facteurs, le Sénégal est classé parmi les pays présentant un niveau de complexité de recouvrement « Élevé », avec un score de 49/100. Une évaluation qui met en lumière la nécessité de réformes structurelles, notamment en matière de digitalisation, de transparence et d’efficacité administrative, afin d’améliorer le climat des affaires et de renforcer la confiance des investisseurs.

Dans un contexte de recherche accrue de financements et d’attractivité économique, la question du recouvrement des créances apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique pour l’économie sénégalaise.

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