Selon l’Associated Press, l’administration Trump va réduire de 50 à 20 le nombre d’ambassades africaines habilitées à délivrer des visas. Une mesure qui cible l’immigration et complique l’accès aux États-Unis pour des millions d’Africains.
Nouvelle étape dans le tour de vis migratoire de Donald Trump. D’après des informations révélées mardi 2 juin 2026 par l’agence américaine Associated Press, les États-Unis s’apprêtent à réduire drastiquement leur réseau consulaire en Afrique : sur 50 ambassades et consulats délivrant actuellement des visas, seuls 20 continueront de le faire.
La mesure doit entrer en vigueur courant juin. Elle s’appuie sur une directive approuvée la semaine du 25 mai par le secrétaire d’État Marco Rubio, selon trois officiels américains cités par l’AP sous couvert d’anonymat, et un mémo interne que l’agence a pu consulter.
20 « hubs » maintenus sur le continent
Le Département d’État concentrera ses activités consulaires dans 20 pôles : Kinshasa, Dakar, Abidjan, Yaoundé, Accra, Addis-Abeba, Le Cap, Johannesburg, Dar Es Salam, Djibouti, Kampala, Kigali, Lagos, Lomé, Luanda, Malabo, Monrovia, Nairobi, Port Louis et Praia.
Les autres sections consulaires resteront ouvertes mais seront limitées aux services pour citoyens américains et aux « affaires urgentes ». Les ressortissants des pays dépourvus de hub devront donc voyager à l’étranger pour déposer une demande de visa, avec des coûts supplémentaires à leur charge.
Cible : les dépassements de séjour
Cette réorganisation s’inscrit dans la volonté affichée de l’administration Trump de réduire l’immigration, en particulier celle des personnes qui entrent avec un visa temporaire et prolongent leur séjour.
Elle complète un dispositif déjà durci : plusieurs pays africains sont soumis à une caution de 5 000 à 15 000 dollars pour tout visa, remboursée au retour. La mesure a été partiellement levée pour certains supporters en vue de la Coupe du monde 2026, organisée du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
« Efficacité » et « intérêts nationaux »
Pour justifier la réduction, le Département d’État invoque une « évaluation permanente » de ses opérations à l’étranger afin d’utiliser « les fonds publics de manière à faire progresser les priorités des États-Unis avec le plus d’efficacité ». Il met aussi en avant « des normes rigoureuses en matière de contrôles de sécurité » et l’alignement des ressources « sur les intérêts nationaux ».
La décision intervient dans un contexte plus large de repli diplomatique : Washington a déjà réduit ses effectifs dans plusieurs ambassades à travers le monde. Pour les demandeurs africains, l’obtention d’un visa américain devient ainsi un parcours d’obstacles, entre cautions, restrictions liées à Ebola et désormais distance géographique.
En clair : une politique de dissuasion assumée, fidèle à la doctrine « America First » revendiquée par Donald Trump.


