Dans la vie des nations, il existe des moments particuliers où l’histoire semble tendre la main aux hommes pour leur permettre de révéler leur véritable dimension. Le Sénégal vient peut-être de vivre l’un de ces moments.
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est arrivé à la tête de l’État dans un contexte exceptionnel. Peu connu du grand public quelques années auparavant, sans une longue trajectoire politique personnelle ni une machine politique bâtie autour de sa personne, il a été porté au pouvoir par une dynamique populaire incarnée par le projet de Pastef et validée par le choix souverain du peuple sénégalais.
Cette accession fulgurante au sommet de l’État a naturellement nourri des interrogations. Beaucoup ont vu en lui un président dont la légitimité électorale était forte, mais dont l’autorité politique restait encore à construire. Au fil des mois, il a dû faire face à des critiques, à des doutes et parfois même à des formes de condescendance de la part de certains observateurs de la vie publique.
Mais gouverner, c’est aussi apprendre. Gouverner, c’est grandir.
Et il arrive qu’un homme d’expérience permette à un autre de révéler toute sa stature.
C’est dans ce contexte que l’intervention de Abdoulaye Wade prend tout son sens. Au-delà de l’événement lui-même, elle a offert au Président Diomaye Faye une occasion rare : celle de parler au pays avec la gravité, la sérénité et la hauteur qu’exige la fonction présidentielle.
À travers son discours, les Sénégalais ont découvert un chef de l’État qui semble désormais pleinement conscient de la charge qui lui incombe. Un président qui s’exprime avec humilité, mais également avec assurance. Un président qui ne se contente plus d’occuper une fonction, mais qui paraît désormais décidé à l’incarner.
J’y ai vu un homme qui grandit.
J’y ai vu un homme qui assume son statut.
J’y ai vu un homme qui comprend que le mandat que lui ont confié les Sénégalais dépasse les contingences politiques et les rivalités partisanes.
C’est pourquoi il faut saluer le rôle joué, une fois encore, par le Président Wade. Après avoir consacré une grande partie de sa vie au combat politique, après avoir dirigé le Sénégal pendant douze années, il continue, à sa manière, d’influencer le destin national. Son parcours, fait de luttes, de patience et de persévérance, demeure une source d’enseignement pour les nouvelles générations de dirigeants.
Le Président Diomaye Faye n’a pas connu le long chemin d’opposition qu’a emprunté Wade. Il n’a pas traversé les mêmes épreuves ni les mêmes décennies de combat politique. Son arrivée au pouvoir a été rapide, presque inattendue. Mais ce qui importe désormais n’est pas la manière dont il est arrivé au sommet ; c’est la manière dont il entend exercer la magistrature suprême.
Et aujourd’hui, il semble avoir choisi de marcher dans les pas des grands serviteurs de l’État qui ont marqué l’histoire du Sénégal.
Alors oui, merci au Président Wade d’avoir offert, par les circonstances de ce moment politique, l’occasion à un jeune chef d’État de revêtir pleinement le costume de Président de la République.
Puisse Dieu accorder au Président Wade santé et longévité.
Puisse Dieu guider le Président Diomaye Faye dans l’exercice de sa mission.
Puisse Dieu protéger le Sénégal, préserver sa stabilité et renforcer son unité.
Et puissent les Sénégalais continuer à s’accepter dans leurs différences, dans le respect mutuel et dans l’amour de leur patrie commune.
Vive la République.
Vive la démocratie.
Vive le Sénégal. 🇸🇳
Boy Faye


