Il est des cérémonies qui, par la sobriété de leur protocole, disent plus long que bien des discours fleuves. Celle qui s’est tenue cette semaine au Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar fut de celles-là. En présidant conjointement le lancement de la 39ᵉ édition de la Semaine nationale de mobilisation et de sensibilisation sur les questions liées à la drogue, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar CISSÉ, et son homologue de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, n’ont pas seulement ouvert une semaine d’activités : ils ont posé, avec une netteté rare, les jalons d’une doctrine d’État.
Car c’est bien là que réside la singularité de cette démarche. Loin des postures univoques qui réduiraient la lutte antidrogue à sa seule dimension répressive, les deux ministres ont choisi d’incarner, par leur présence commune, une vérité trop souvent négligée : le trafic illicite de produits médicaux et de stupéfiants ne se combat efficacement que là où la fermeté du glaive rencontre la compassion du soin. Le choix même du lieu, un centre dédié à la prise en charge des addictions, qui accompagne aujourd’hui près de cinq mille personnes n’est pas anodin. Il signe une volonté assumée de ne jamais dissocier l’ordre public de la dignité humaine.
Sous l’autorité de Mouhamadou Makhtar CISSÉ, le ministère de l’Intérieur a su affirmer une approche résolument multidimensionnelle, articulée autour du renforcement du cadre juridique, de la montée en puissance opérationnelle des services de sécurité, de la prévention ciblée auprès des populations vulnérables, ainsi que du soutien à la réinsertion des personnes en situation d’addiction. Cette architecture de pensée, loin d’être une simple déclaration d’intention, traduit une lecture lucide et exigeante d’un phénomène dont les ramifications — Sanitaires, sociales, sécuritaires — Exigent une réponse à la mesure de leur complexité.
En appelant à une mobilisation générale de l’ensemble des acteurs de la nation, le ministre a rappelé que cette lutte ne saurait être l’apanage du seul appareil d’État : elle relève d’une responsabilité collective, où chaque institution, chaque citoyen, est appelé à prendre sa part. C’est dans cette conviction que s’enracine, sans doute, la véritable portée de cette cérémonie : non pas un rituel de plus, mais l’affirmation patiente et résolue d’un Sénégal qui choisit, jour après jour, de protéger sa jeunesse avec autant de rigueur que d’humanité.
LA PENSÉE JUSTE, LA PAROLE VRAIE, L’ACTE SENSÉ !


