Babacar Gaye reconnaît une prestation réussie sur la forme, mais prévient le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô sur les conséquences sociales des réformes annoncées. Dette, réduction des dépenses, subventions, fiscalité et pouvoir d’achat : pour l’ancien parlementaire, l’heure de vérité viendra avec la répartition des sacrifices.
Réagissant à la Déclaration de politique générale, Babacar Gaye estime qu’Al Aminou Lô a réussi l’exercice grâce à un discours pédagogique, conciliant et parfois teinté d’humour. Mais il prévient : « Un ton conciliant ne suffit pas à changer le réel. »
Sur le plan économique, l’ancien député retient notamment le reprofilage de la dette extérieure, l’apurement de la dette intérieure, la rationalisation du secteur parapublic, la maîtrise des dépenses et un meilleur ciblage des subventions.
Pour Babacar Gaye, le véritable enjeu réside toutefois dans le financement de ces réformes et leur coût social. Face aux difficultés de pouvoir d’achat, il met en garde contre des efforts qui reposeraient essentiellement sur les populations.
« Lorsqu’il est demandé au peuple de se serrer la ceinture, l’État doit commencer par donner le bon exemple en serrant les dents », insiste-t-il.
S’il accorde donc un satisfecit au Premier ministre sur la forme, Babacar Gaye attend désormais les résultats. Car, rappelle-t-il, « une DPG commence vraiment le lendemain ».
À ses yeux, la réussite du gouvernement se mesurera finalement à sa capacité à redresser les finances publiques sans faire supporter aux Sénégalais l’essentiel du coût des ajustements.


