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Budget 2026 : le Sénégal limite son déficit à 333 milliards FCFA malgré les turbulences mondiales

Le Sénégal a enregistré un déficit budgétaire de 333 milliards de FCFA à la fin du premier trimestre 2026, soit 1,4 % du Produit intérieur brut (PIB), un niveau largement inférieur à l’objectif annuel fixé à 5,37 %. C’est ce qui ressort du Rapport trimestriel d’exécution du budget (RTEB) publié par le ministère des Finances et du Budget.

Cette performance intervient dans un contexte international particulièrement tendu, marqué par les conflits au Moyen-Orient, les perturbations dans le détroit d’Ormuz et la hausse des prix de l’énergie. Malgré ces facteurs défavorables, les finances publiques sénégalaises ont bénéficié d’une progression soutenue des recettes fiscales et d’une maîtrise des dépenses de l’État.

Les hydrocarbures dopent les recettes fiscales

À fin mars 2026, les recettes globales du budget général ont atteint 1.149,7 milliards de FCFA, en hausse de 11,9 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les recettes fiscales représentent l’essentiel de cette mobilisation avec 1.095,7 milliards de FCFA, soit 96,2 % de l’objectif trimestriel.

Cette dynamique est principalement portée par les impôts directs, notamment ceux issus du secteur pétrolier et gazier. Les paiements anticipés effectués par les opérateurs extractifs ont contribué à renforcer les rentrées fiscales de l’État.

La consommation intérieure demeure également un moteur important de croissance des recettes grâce aux performances de la TVA intérieure hors produits pétroliers. En revanche, certaines recettes liées aux hydrocarbures et aux droits de douane ont enregistré des résultats plus modestes, affectées par les mécanismes de régulation des prix et le ralentissement des importations en début d’année.

Des dépenses sous contrôle

Les dépenses totales de l’État se sont élevées à 1.482,7 milliards de FCFA, soit 20,6 % des prévisions annuelles. Les dépenses ordinaires, dominées par la masse salariale et les transferts courants, représentent la majeure partie des charges publiques.

Le service de la dette a mobilisé 285 milliards de FCFA, principalement pour le remboursement des engagements extérieurs. Quant aux investissements publics, ils restent encore limités au premier trimestre avec 297,2 milliards de FCFA, conformément au rythme habituel d’exécution budgétaire.

Le Fonds national de retraite (FNR) confirme pour sa part sa solidité financière avec un excédent de 12,9 milliards de FCFA, porté par une augmentation significative du nombre de cotisants dans l’administration publique.

La menace d’un choc pétrolier

Si les résultats budgétaires apparaissent encourageants, les autorités restent vigilantes face aux risques internationaux. La flambée des cours du pétrole, provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, pourrait exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques sénégalaises.

Le principal risque concerne les subventions à l’énergie, dont le coût pourrait augmenter en cas de maintien durable des prix élevés du brut sur les marchés internationaux.

Malgré ces incertitudes, le premier trimestre 2026 confirme la résilience des finances publiques sénégalaises, soutenues par les nouvelles recettes issues du secteur extractif et une gestion budgétaire prudente dans un environnement économique mondial particulièrement instable.

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