Il est des heures où l’Histoire observe les hommes. Des heures où les postures s’effondrent, où les masques tombent et où chacun révèle, devant la Nation, ce qu’il sert véritablement : la République ou ses propres intérêts.
À entendre certaines clameurs, on croirait que l’exercice de l’autorité républicaine constitue désormais un crime, que l’application impartiale de la loi serait devenue une faute et que la sauvegarde de l’ordre public devrait céder devant les convenances des calculs politiciens. Quelle singulière conception de la démocratie ! Quelle étrange idée de l’État !
La République n’est pas une faveur que l’on distribue aux amis ni une rigueur que l’on réserve aux adversaires. Elle est une exigence. Elle est une discipline. Elle est une autorité qui s’impose à tous ou qui cesse d’exister.
À ceux qui, avec une éloquence abondante mais une rigueur bien plus incertaine, prétendent assigner au ministre de l’Intérieur une fidélité autre que celle due à la Nation, il convient de rappeler une évidence : Mouhamadou Makhtar CISSÉ ne tient son autorité ni d’un chef politique, ni d’une majorité circonstancielle, ni d’une quelconque chapelle partisane. Son seul engagement est envers la République, son seul serment est envers la Constitution, son unique devoir est envers le peuple sénégalais.
Le ministre de l’Intérieur n’a pas été institué pour arbitrer les susceptibilités partisanes. Il lui revient d’assurer la continuité de l’État, de garantir la sécurité des citoyens, de protéger les institutions et de faire respecter les lois de la République avec la même impartialité envers chacun.
Que nul ne s’y trompe : l’État n’a pas vocation à demander la permission d’exercer ses prérogatives. Lorsque l’ordre républicain est en jeu, l’autorité s’assume ; elle ne s’excuse pas. Lorsqu’il s’agit de préserver la paix civile, la fermeté n’est pas une option, elle est un devoir.
Il est temps que le débat politique retrouve sa noblesse. Une opposition digne de ce nom élève la contradiction ; elle ne fragilise pas les fondements mêmes de l’État. Dans toutes les grandes démocraties, les institutions sont le patrimoine commun de la Nation, non les variables d’ajustement des frustrations partisanes.
Que cela réjouisse les uns ou contrarie les autres importe peu. La sécurité continuera de prévaloir sur toute l’étendue du territoire national. Des plus hautes institutions de la République jusqu’aux confins les plus reculés de notre pays, la loi demeurera la même pour tous. Aucune influence, aucune notoriété, aucune appartenance politique ne saura placer quiconque au-dessus de la République.
Le Sénégal mérite mieux que des polémiques qui consument les énergies nationales. Notre peuple attend des responsables politiques de la hauteur, de la mesure et une vision. Il n’attend ni la dramatisation permanente, ni la mise en cause systématique des institutions chaque fois qu’elles accomplissent leur mission.
L’Histoire est impitoyable envers ceux qui affaiblissent la République pour satisfaire les exigences du moment. Elle est, en revanche, reconnaissante envers ceux qui, dans la tempête comme dans l’accalmie, demeurent inébranlablement fidèles à l’État.
La République survivra à toutes les passions. Les institutions survivront à toutes les polémiques. Et ceux qui ont reçu la charge de les protéger continueront d’assumer leur mission avec la gravité qu’impose le service de la Nation.
Car, en définitive, les hommes passent. Les majorités changent. Les oppositions se renouvellent. Mais la République, elle, demeure. Et tant qu’il se trouvera des serviteurs de l’État pour faire prévaloir la loi sur les intérêts particuliers, le Sénégal restera debout, uni dans son droit, fort de ses institutions et digne de son destin.
LA PENSÉE JUSTE, LA PAROLE VRAIE, L’ACTE SENSÉ !


