Le Front pour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine (FRAPP) monte au créneau après l’accord de principe conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Face à la presse, ce mercredi 2 septembre 2026, l’organisation a demandé au gouvernement de suspendre les dispositions de l’accord susceptibles, selon elle, d’aggraver l’endettement du pays. Le FRAPP rejette également toute politique de « traitement de la dette » qui ferait du Sénégal un « laboratoire » du FMI et plaide pour des solutions endogènes.
Le nouvel accord en préparation entre le Sénégal et le Fonds monétaire international suscite déjà de vives réactions. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 2 septembre, le Front pour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine (FRAPP) a vivement critiqué les orientations annoncées et appelé les autorités à revoir leur position.
L’organisation exige notamment la suspension de « toutes les dispositions » de l’accord qui, à ses yeux, risqueraient d’alourdir davantage le fardeau de la dette publique.
« Que le gouvernement suspende toutes les dispositions de l’accord qui ne vont faire qu’alourdir le poids de la dette. Nous appelons toutes les forces vives de la Nation à ne pas laisser passer cette forfaiture », a déclaré Souleymane Guèye, délégué général du FRAPP.
Le FRAPP redoute de nouvelles mesures d’austérité
Pour Souleymane Guèye, les orientations retenues feraient peser une part importante de l’effort financier sur les populations. Il accuse ainsi le gouvernement d’avoir décidé de « sacrifier 11 millions de ménages pour faire plaisir aux créanciers ».
Le responsable du FRAPP va plus loin et soupçonne le FMI de vouloir expérimenter au Sénégal de nouvelles modalités de gestion des crises d’endettement.
« Nous n’accepterons pas cela. Les mobilisations ont commencé et continueront de plus belle », a-t-il prévenu. L’organisation appelle parallèlement à l’ouverture de « concertations nationales » afin de rechercher des « solutions endogènes » à la situation financière du pays.
« Nous refusons que le Sénégal soit un laboratoire »
Le FRAPP conteste particulièrement le débat entourant le traitement de la dette sénégalaise. Pour Souleymane Guèye, le changement de terminologie ne règle pas le fond du problème.
« C’est la première fois que le FMI accepte qu’un gouvernement n’utilise pas le mot ajustement ni le mot restructuration, mais parle du plan de traitement de la dette. Nous sommes un laboratoire », a-t-il soutenu.
Selon lui, le FMI « sait que la restructuration ne marche pas ». Le responsable du FRAPP accuse par ailleurs l’institution financière internationale d’être au service de politiques conçues à l’extérieur et que son organisation refuse de voir expérimentées au Sénégal.
Cette sortie intervient après l’annonce d’un accord au niveau des services entre les autorités sénégalaises et le FMI autour d’un programme économique couvrant la période 2026-2029 et d’un financement d’environ 2,2 milliards de dollars. Cet accord doit encore franchir plusieurs étapes avant de devenir définitif, notamment l’approbation des instances compétentes du FMI.
Après l’annonce de l’accord, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a écarté l’hypothèse d’une restructuration de la dette sénégalaise, préférant parler d’un « plan de traitement de la dette ». Une distinction qui, manifestement, ne convainc pas le FRAPP.


