Le débat autour de l’encadrement des fonds spéciaux de l’Assemblée nationale prend une nouvelle tournure politique. Dans une publication diffusée ce vendredi, Thierno Alassane Sall s’en prend vivement au président de l’institution, Ousmane Sonko, qu’il accuse de vouloir rebaptiser les « fonds politiques » en « fonds spéciaux » sans modifier, selon lui, la logique de leur gestion.
Alors que la troisième session extraordinaire de l’Assemblée nationale s’est ouverte ce vendredi 18 septembre 2026, la question des fonds spéciaux continue d’alimenter les passes d’armes politiques. Cette session doit notamment examiner la proposition de loi organique n°38/2026 modifiant la loi organique relative aux lois de finances.
Dans une publication intitulée « Quand Sonko blanchit les fonds haram », Thierno Alassane Sall livre une charge contre Ousmane Sonko. Il présente l’initiative parlementaire comme une contradiction avec les positions antérieurement défendues par l’actuel président de l’Assemblée nationale sur les fonds politiques.
Thierno Alassane Sall dénonce un « jeu de mots »
Selon l’ancien ministre, le passage de l’appellation « fonds politiques » à celle de « fonds spéciaux » ne suffirait pas à transformer la nature du mécanisme. Il accuse Ousmane Sonko et son camp de chercher à donner un nouveau cadre juridique à des ressources qu’ils avaient auparavant fortement critiquées.
Cette controverse n’est pas nouvelle. Des déclarations antérieures attribuées à Ousmane Sonko qualifiant les fonds politiques de « haram » ont déjà été invoquées par plusieurs de ses adversaires pour l’accuser de contradiction depuis son arrivée aux responsabilités.
La transparence budgétaire au cœur de ses critiques
Thierno Alassane Sall élargit également son propos au fonctionnement financier de l’Assemblée nationale. Il affirme que le budget de l’institution serait approuvé dans des conditions opaques et invoque notamment les articles 21 et 34 du règlement intérieur. Il soulève aussi des interrogations sur les conditions d’acquisition de véhicules et sur certains recrutements au sein de l’institution.
Ces éléments sont formulés comme des accusations politiques de Thierno Alassane Sall et ne constituent pas, en eux-mêmes, l’établissement de faits irréguliers.
De son côté, PASTEF défend le nouveau dispositif comme une avancée en matière de transparence. Le parti a salué l’arrêté adopté par le Bureau de l’Assemblée nationale pour réglementer les dépenses spéciales, estimant que ce cadre doit améliorer leur traçabilité.
Une bataille politique qui se déplace sur le terrain des finances publiques
La polémique intervient au moment où les députés reprennent précisément le dossier. Parmi les textes inscrits à l’ordre du jour figure la modification de la loi organique relative aux lois de finances, sur fond de débat concernant les fonds spéciaux de l’Assemblée.
Au-delà de la confrontation entre Thierno Alassane Sall et Ousmane Sonko, le débat porte donc sur une question institutionnelle plus large : quelles règles de budgétisation, d’utilisation et de contrôle doivent s’appliquer aux dépenses spéciales de l’Assemblée nationale ?
C’est sur ce terrain que majorité et oppositions devraient continuer à confronter leurs positions au cours de cette troisième session extraordinaire.


