À l’occasion du forum sous-régional de la FAPBEF-UEMOA consacré à l’intelligence artificielle, le Sénégal a adressé un message de confiance au secteur bancaire régional. S’exprimant au nom du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, le secrétaire général du ministère, Aliou Ndiaye, a indiqué que l’exclusion de la dette domestique du périmètre de traitement constituait l’une des « lignes rouges » des autorités, avec pour objectif affiché de préserver la stabilité financière et la relation avec les banques de l’Union.
Face aux représentants du secteur bancaire de l’UEMOA, Aliou Ndiaye a d’abord salué l’accompagnement des banques et établissements financiers qui ont contribué à couvrir les besoins de financement du Sénégal au cours des deux dernières années, dans un contexte de resserrement de l’accès du pays aux marchés internationaux de capitaux. Il a présenté cette mobilisation régionale comme une expérience particulière que Dakar entend préserver.
C’est dans cette logique que le gouvernement sénégalais a choisi de maintenir la dette domestique en dehors du périmètre de son plan de traitement de la dette. Selon le secrétaire général, cette position répond notamment à la volonté de protéger la stabilité du système bancaire national et sous-régional, tout en tenant compte de l’effort fourni par les établissements financiers de l’Union pour accompagner l’État sénégalais.
Le message se veut également tourné vers l’avenir. Dakar entend poursuivre sa coopération avec les banques de l’UEMOA dans le financement de son programme de développement, considérant le marché financier régional comme un levier important de mobilisation des ressources.
Sur le front des relations avec le Fonds monétaire international, le Sénégal et les services du FMI sont parvenus, le 1er septembre 2026, à un accord au niveau des services portant sur un programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars. Cet accord n’est toutefois pas encore synonyme d’approbation définitive ni de décaissement : il doit franchir les procédures internes du Fonds avant son examen par le Conseil d’administration.
Pour Dakar, l’enjeu dépasse ainsi la seule mobilisation de nouvelles ressources. La stratégie présentée consiste à restaurer des marges de financement tout en préservant le rôle des banques régionales et en consolidant les relations avec les partenaires multilatéraux. Une démarche qui place la confiance entre l’État, les institutions financières internationales et le système bancaire de l’UEMOA au cœur de la séquence économique actuelle.


