Lors de sa conférence de presse, le Premier ministre Al Aminou Lo a révélé avoir échangé avec Ousmane Sonko, quelques semaines avant son départ de la Primature, sur la question du traitement de la dette publique. Selon lui, l’actuel président de l’Assemblée nationale avait marqué son accord, tout en demandant de trouver « la bonne appellation ».
Al Aminou Lo a choisi de rendre public un échange qu’il affirme avoir eu avec Ousmane Sonko, quelques semaines avant le départ de ce dernier de la Primature. Au cours de sa conférence de presse, le chef du gouvernement est revenu sur une rencontre tenue dans le bureau de son prédécesseur, au cours de laquelle la question du traitement de la dette publique aurait été abordée.
Selon le récit du Premier ministre, Ousmane Sonko aurait exprimé son accord sur le principe, tout en insistant sur la nécessité de trouver les termes appropriés pour désigner la démarche envisagée.
« Cher ministre, je suis d’accord, mais trouvons la bonne appellation », a rapporté Al Aminou Lo, avant d’insister : « Et oui, il était d’accord. »
Pour étayer ses déclarations, le chef du gouvernement a affirmé détenir dans son téléphone la date exacte de cette rencontre, sans toutefois la communiquer lors de son intervention. Ce témoignage vise ainsi à souligner que la question de la dette avait déjà fait l’objet de discussions entre les deux responsables avant le départ d’Ousmane Sonko du gouvernement.
L’énergie au cœur des contraintes budgétaires
Le Premier ministre a également évoqué la question de l’énergie, affirmant que son prédécesseur partageait son analyse sur les limites des capacités financières de l’État.
« Et quand on parle de l’énergie, en Conseil des ministres, comme ailleurs, il est d’accord que l’État ne peut pas supporter tout cela », a déclaré Al Aminou Lo.
À travers cette affirmation, le chef du gouvernement met en avant les contraintes auxquelles les finances publiques sont confrontées et la nécessité de tenir compte des capacités de prise en charge de l’État dans les décisions économiques.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par les débats sur la dette publique, les choix budgétaires et les mesures envisagées pour redresser les finances du Sénégal.
Un appel au dialogue entre l’exécutif et le législatif
Au-delà de ces révélations, Al Aminou Lo a mis en garde contre les conséquences que certaines prises de parole publiques pourraient avoir sur la perception du Sénégal par ses partenaires. Il a notamment insisté sur la nécessité de préserver l’intérêt national dans les débats portant sur la situation économique et financière du pays.
Le Premier ministre a toutefois privilégié une démarche d’apaisement en tendant publiquement la main au président de l’Assemblée nationale.
« Nous ne sommes pas des ennemis. Nous ne sommes pas des adversaires. L’exécutif et le législatif doivent dialoguer », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, Al Aminou Lo s’est dit disposé à rencontrer Ousmane Sonko dans son bureau, accompagné du ministre des Finances et d’autres membres du gouvernement, afin d’échanger sur les questions en suspens. Il a proposé de consacrer la journée du lundi à ces discussions, en amont de la séance plénière annoncée pour le mardi.
« Je tends ma main en tant que chef du gouvernement », a-t-il conclu.
Reste désormais à savoir si cette offre de dialogue permettra de rapprocher les positions des deux responsables sur la gestion de la dette, les contraintes budgétaires et les orientations économiques du Sénégal.


