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Bentaleb Sow dénonce un « blanchiment politique » de Macky Sall après la sortie de Diomaye Faye

L’ancien conseiller spécial du président Bassirou Diomaye Faye, Bentaleb Sow, a vivement réagi aux propos du chef de l’État sur Macky Sall lors de son entretien accordé à RFI et France 24. Il reproche au président de présenter son prédécesseur comme ayant « subi les affres de la dette », alors que les nouvelles autorités avaient auparavant mis en cause la gestion des finances publiques sous l’ancien régime.

La sortie de Bassirou Diomaye Faye sur la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU continue de susciter des réactions. Dans une publication particulièrement critique, l’ancien conseiller spécial Bentaleb Sow conteste le portrait dressé par le chef de l’État de son prédécesseur.

Lors de son entretien diffusé ce jeudi 24 septembre sur RFI et France 24, Bassirou Diomaye Faye a défendu la candidature de Macky Sall, estimant notamment que l’ancien président avait « subi les affres de la dette » qui auraient limité ses ambitions. Il a également présenté l’expérience de son prédécesseur comme un atout pour défendre une réforme de l’architecture financière internationale et une meilleure représentation de l’Afrique.

Des propos qui ont fait bondir Bentaleb Sow. « Macky Sall ? Il est passé de celui qui a dissimulé et fait dissimuler la dette à celui qui a subi les affres de la dette », ironise l’ancien conseiller présidentiel.

Bentaleb Sow y voit un changement profond de discours. Il rappelle qu’en septembre 2024, les nouvelles autorités avaient promis que les responsabilités seraient situées dans les irrégularités constatées dans la gestion des finances publiques. Depuis, le rapport de la Cour des comptes portant notamment sur la période 2019-mars 2024 a relevé des « manquements », « anomalies » et « irrégularités », ainsi qu’une dette bancaire contractée hors circuit budgétaire et non retracée dans les comptes de l’État. Le FMI avait ensuite confirmé l’existence d’importants engagements non déclarés.

Pour Bentaleb Sow, le discours actuel du chef de l’État contribuerait ainsi à une forme de réhabilitation politique de Macky Sall. Il parle d’une « belle victime, blanchie à la javel politique », une formule particulièrement sévère qui traduit son désaccord avec le rapprochement institutionnel observé entre l’actuel président et son prédécesseur.

L’ancien conseiller estime par ailleurs que le soutien à une candidature sénégalaise ne devrait pas conduire, selon lui, à renoncer aux positions défendues auparavant. « On peut avoir son candidat et battre campagne pour lui en gardant ses principes et en respectant ses électeurs », écrit-il.

Cette nouvelle charge intervient dans un contexte de rupture déjà assumée entre Bentaleb Sow et le Palais. Il avait quitté ses fonctions de conseiller spécial en juillet 2026, expliquant ne plus se reconnaître dans la nouvelle ligne politique présidentielle, notamment après le rapprochement avec Macky Sall.

À travers cette publication, Bentaleb Sow place donc au cœur du débat une question désormais sensible : comment concilier le soutien diplomatique du Sénégal à la candidature internationale de Macky Sall avec les critiques formulées depuis 2024 sur la gestion des finances publiques durant les dernières années de son pouvoir ?

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