À Ziguinchor, où il présidait ce samedi 26 septembre la cérémonie officielle du 24e anniversaire du naufrage du « Joola », le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a annoncé que le Mémorial dédié aux victimes sera doté d’un statut fixé par décret. Les familles des victimes et les rescapés seront associés à la finalisation du texte.
Vingt-quatre ans après le naufrage du « Joola », l’État veut renforcer le cadre institutionnel entourant la préservation de la mémoire de la catastrophe. Devant les familles, les rescapés et les autorités réunis à Ziguinchor, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a annoncé que le projet de décret relatif au statut du Mémorial est en cours de finalisation et doit lui être transmis.
Le chef du Gouvernement a surtout assuré que les familles des victimes et les rescapés seront consultés avant l’adoption définitive du texte. « Une nation qui se souvient est une nation qui se respecte », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de préserver durablement ce lieu de mémoire.
Le Premier ministre a également promis un traitement du statut du Mémorial avant la fin de l’année 2026. Cette annonce intervient quelques semaines après que le président Bassirou Diomaye Faye a demandé au Gouvernement de garantir un accès systématique des familles et des rescapés aux monuments et lieux de mémoire consacrés au « Joola », notamment au Musée national de Ziguinchor.
Un lieu de mémoire mais aussi de transmission
Au-delà du recueillement, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô souhaite voir le Mémorial jouer un rôle dans la transmission de l’histoire aux nouvelles générations. Pour le Premier ministre, la catastrophe doit également servir de rappel sur la responsabilité collective, notamment lorsque les règles de sécurité ne sont pas suffisamment respectées ou que les alertes ne sont pas prises en compte.
Le Mémorial, inauguré en 2024 sur les berges du fleuve Casamance, retrace l’histoire de la catastrophe à travers des documents, des témoignages et plusieurs objets récupérés de l’épave. Il ambitionne également de devenir un espace de connaissance et d’apprentissage autour de la sécurité maritime et du devoir de mémoire.
Pour le chef du Gouvernement, le « Joola » dépasse désormais le seul cadre d’une tragédie : il constitue une composante de la mémoire nationale. L’État, a-t-il assuré, entend continuer à travailler avec les familles, les rescapés, les chercheurs et les différentes administrations concernées afin que cette mémoire demeure vivante.
Le ferry « Le Joola » a sombré dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002 au large des côtes gambiennes. Le bilan officiel fait état de 1 863 morts et disparus, faisant de ce naufrage l’une des catastrophes maritimes civiles les plus meurtrières de l’histoire.


