Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a vivement contesté, ce mardi, en séance plénière à l’Assemblée nationale, la fidélité du rapport de la Commission des finances et du contrôle budgétaire relatif au projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Face aux députés, le ministre a formulé trois observations majeures, estimant que certains passages du document ne restituaient pas fidèlement la teneur des échanges intervenus en commission.
Des projets hospitaliers au cœur de la première contestation
La première réserve concerne les projets de construction d’infrastructures hospitalières à Bakel, Saint-Louis, Mbour, Ziguinchor et Kaolack. Le rapport de la commission indique que plusieurs commissaires ont particulièrement insisté sur l’état d’avancement de ces projets.
Une présentation que Cheikh Diba a catégoriquement contestée. Selon lui, ces infrastructures n’ont jamais constitué une préoccupation particulière des commissaires. Il affirme que la question n’a été évoquée qu’une seule fois, dans le cadre d’une discussion portant sur les crédits budgétaires.
Fonds spéciaux : le ministre conteste les propos attribués aux députés
La deuxième observation porte sur la question des fonds spéciaux et leur encadrement juridique. Cheikh Diba estime que les propos attribués aux parlementaires dans le rapport ne correspondent pas fidèlement aux discussions tenues en commission.
Il a notamment contesté la présentation des échanges relatifs à l’introduction, dans une loi organique, d’une référence à un autre texte législatif pour encadrer certaines matières financières.
D’après le ministre, ni la pertinence de cette démarche ni sa conformité avec la hiérarchie des normes n’ont fait l’objet des discussions rapportées dans le document.
Amendements : Cheikh Diba justifie la position du gouvernement
La troisième réserve concerne l’absence d’amendements à la suite des réponses complémentaires apportées par le gouvernement.
Alors que le rapport souligne que ces éclaircissements n’ont pas entraîné de modifications du projet de loi, le ministre a rappelé que toutes les informations et explications jugées pertinentes avaient été communiquées à l’Assemblée nationale afin de permettre aux députés de mieux apprécier les orientations du texte.
Pour Cheikh Diba, ces éléments ne justifiaient donc pas de procéder à de nouveaux amendements.
Un rapport dont la fidélité est ouvertement remise en cause
En formulant ces trois observations, le ministre a clairement voulu attirer l’attention des parlementaires sur ce qu’il considère comme des insuffisances dans la restitution des débats de la Commission des finances et du contrôle budgétaire.
Une intervention qui intervient dans un contexte particulièrement tendu autour de l’examen de la LFR 2026.
Présenté par le rapporteur général Mady Danfakha, le rapport de la commission fait état du rejet, à la majorité, du projet de loi n° 40/2026 ainsi que des deux amendements introduits par le gouvernement.
La contestation de Cheikh Diba soulève ainsi une question centrale : le rapport parlementaire restitue-t-il fidèlement les débats qui ont précédé le rejet du projet de loi de finances rectificative 2026 ?


