Le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Après le vote intervenu à l’Assemblée nationale, le député Thierno Alassane Sall est monté au créneau pour dénoncer l’attitude des parlementaires de Pastef, qu’il accuse d’avoir empêché l’opposition de faire pleinement entendre ses arguments.
Dans une publication sur sa page Facebook, le président du parti République des Valeurs estime que les députés de la majorité ne se sont pas limités à rejeter le texte budgétaire. Selon lui, ils auraient également « étouffé tout débat » afin d’empêcher l’opposition de contester les arguments avancés par le camp au pouvoir.
Thierno Alassane Sall dénonce une restriction du débat parlementaire
Pour le parlementaire, cette situation dépasse le simple désaccord autour des orientations budgétaires du gouvernement. Il y voit une démarche politique qui, selon son analyse, participe à une dégradation du fonctionnement des institutions et des pratiques démocratiques.
« Cette censure s’inscrit dans une obstination funeste à entraîner notre pays vers le chaos institutionnel », affirme-t-il dans son message.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle considère ainsi que Pastef serait en contradiction avec les acquis démocratiques du Sénégal. Il va jusqu’à présenter le parti au pouvoir comme « la négation même de nos acquis démocratiques ».
Une comparaison avec le jugement de Salomon
Dans la partie la plus virulente de sa publication, Thierno Alassane Sall convoque la célèbre histoire biblique du jugement du roi Salomon, dans laquelle une fausse mère accepte de voir un enfant divisé en deux plutôt que de le laisser à l’autre femme.
Par cette comparaison, le député entend dénoncer ce qu’il considère comme une volonté de sacrifier les intérêts nationaux au profit de considérations partisanes.
« Ils précipitent sciemment notre Nation dans l’abîme pour sauver leurs intérêts », accuse-t-il, avant de conclure par une affirmation particulièrement sévère : « Ils avouent, en réalité, qu’ils n’aiment pas le Sénégal. »
La LFR 2026, nouveau terrain de confrontation entre majorité et opposition
Cette sortie médiatique illustre les tensions politiques qui entourent l’examen du projet de loi de finances rectificative 2026. Au-delà du désaccord sur les équilibres budgétaires et les choix financiers du gouvernement, le rejet du texte ouvre désormais un autre front de confrontation : celui des conditions du débat parlementaire et du respect des prérogatives de l’opposition.
Reste à savoir quelle sera la réaction des députés de Pastef face aux accusations du président de République des Valeurs, qui place désormais le débat sur le terrain de la démocratie, de la responsabilité politique et du fonctionnement des institutions.


