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REJET DE LA LFR 2026 : ABDOURAHMANE SARR DÉFEND LA SINCÉRITÉ BUDGÉTAIRE ET ALERTE SUR LES RISQUES POUR LES FINANCES PUBLIQUES

Au lendemain du rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale, l’ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, est intervenu dans le débat autour des orientations budgétaires du Sénégal. Dans une publication intitulée « Sincérité budgétaire, responsabilité et souveraineté », il défend la nécessité de bâtir une trajectoire financière crédible, fondée sur les données réelles d’exécution du budget et une meilleure maîtrise des engagements de l’État.

L’ancien ministre estime que la récente séquence parlementaire s’inscrit dans une configuration politique à laquelle il s’attendait, compte tenu de la répartition des rôles entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.

Abdourahmane Sarr plaide pour une meilleure transparence des finances publiques

Revenant sur les difficultés budgétaires du Sénégal, Abdourahmane Sarr considère que le pays doit tirer les enseignements de la période 2019-2024, et même des années antérieures. Il appelle à mettre en place une stratégie de financement crédible et à assumer pleinement, au niveau national, la responsabilité de la trajectoire économique.

Pour lui, la gestion des finances publiques ne doit plus être marquée par une opacité susceptible de conduire le Sénégal à dépendre d’acteurs extérieurs pour établir la réalité de sa situation économique et financière.

À cet égard, il rappelle que le rapport macroéconomique publié par le ministère de l’Économie en mars 2026 proposait une trajectoire de consolidation budgétaire visant un déficit de 3 % du PIB en 2027, sur la base des réalités économiques et des chocs constatés au premier trimestre de la même année.

Les investissements publics au cœur de ses préoccupations

L’ancien ministre revient particulièrement sur la question de l’exécution des investissements publics. Il affirme avoir, depuis plusieurs semaines, attiré l’attention sur la nécessité de construire la LFR 2026 à partir des réalisations budgétaires effectives, en prenant notamment l’année 2025 comme référence.

À l’appui de son argumentation, il avance les chiffres des investissements publics à fin septembre 2026 : 1 031 milliards de FCFA, contre 1 069 milliards de FCFA à la même période en 2025.

Or, souligne-t-il, la LFR prévoit une enveloppe de 2 249 milliards de FCFA pour les investissements publics. Pour atteindre cet objectif, l’État devrait encore mobiliser et exécuter 1 218 milliards de FCFA au cours des trois derniers mois de l’année.

Une perspective qu’Abdourahmane Sarr juge difficilement réalisable au regard du rythme observé durant les neuf premiers mois de l’exercice.

« Ce n’est pas possible ou il faudrait le démontrer », estime-t-il, mettant ainsi en question la crédibilité des prévisions d’investissement retenues dans le projet de budget rectificatif.

Subventions énergétiques : l’ancien ministre réclame une comptabilisation complète

Autre point soulevé : les subventions énergétiques et les obligations financières de l’État dans ce secteur.

Abdourahmane Sarr estime que l’ensemble des engagements de l’État doit être comptabilisé, indépendamment des délais administratifs liés à leur ordonnancement.

Il considère qu’il appartient à l’Exécutif de prendre les dispositions nécessaires pour garantir la continuité du secteur énergétique, y compris, lorsque les conditions légales sont réunies, par le recours à des décrets d’avance.

Pour l’ancien ministre, la prise en compte exhaustive de ces engagements constitue une condition essentielle à l’établissement d’un déficit budgétaire sincère.

Un déficit inférieur à 5 % du PIB comme objectif pour 2026

Sur la trajectoire des finances publiques, Abdourahmane Sarr avance une perspective qu’il juge désormais accessible : ramener le déficit budgétaire à un niveau inférieur à 5 % du PIB rebasé en 2026.

Une telle évolution faciliterait, selon lui, le retour à un déficit de 3 % du PIB en 2027, conformément à la trajectoire précédemment retenue.

Il estime également qu’une trajectoire budgétaire crédible permettrait de renforcer la position du Sénégal au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et d’améliorer ses capacités de refinancement sur le marché régional, sans passer par une restructuration de la dette.

« Le FMI n’est pas le représentant des intérêts du peuple sénégalais »

L’une des principales idées défendues dans sa publication concerne la souveraineté économique et financière du Sénégal.

Fort de sa participation, au cours des deux dernières années, aux discussions sur le cadrage macroéconomique avec les autorités nationales et les partenaires internationaux, Abdourahmane Sarr insiste sur l’importance de disposer d’informations budgétaires fiables.

S’il reconnaît l’importance du TOFE transmis au Fonds monétaire international (FMI) dans la clarification de la situation des finances publiques, il rappelle que la responsabilité de défendre les intérêts du peuple sénégalais incombe avant tout aux institutions nationales.

« Mais le FMI n’est pas le représentant des intérêts du peuple sénégalais. Cette responsabilité appartient à nos institutions », souligne-t-il.

En conclusion, l’ancien ministre soutient que la sincérité budgétaire ne doit pas être une question de personnes ou de majorité politique. Elle constitue, selon lui, une exigence fondamentale pour restaurer la confiance des citoyens, rassurer les investisseurs et préserver la crédibilité du Sénégal auprès de ses partenaires.

Une prise de position qui replace le débat sur le rejet de la LFR 2026 au-delà des clivages politiques, en posant une question centrale : les prévisions budgétaires de l’État sont-elles suffisamment réalistes pour garantir une trajectoire financière soutenable en 2027 ?

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